Les AD79 disposent d’un certain nombre de visites de moulins sur la Sèvre niortaise entre 1745 et 1788 (Série 5B). Ces visites concernent les moulins d’Anne, de Comporté et de Grange.
Toutes suivent le même modèle : le propriétaire ou son représentant sont présents, le nouveau meunier, le charpentier attitré du moulin ainsi qu’un greffier. Tous les actes rédigés suite aux visites sont des états des lieux fait à la demande du meunier entrant. Je me suis intéressée à celles du moulin d’Anne, situé paroisse de Sainte-Pezenne (aujourd’hui Niort) où ont vécu plusieurs de mes ancêtres.
La visite du 27 juin 1759 est demandée par mes ancêtres François Urtault (ou Hurtault) et Marie Chenu (sosas 234-235), lesquels viennent de prendre à titre de bail à ferme le moulin et ses dépendances pour cinq ans (bail rédigé par maître Moriceau et son collègue notaires royaux à Niort). François et Marie sont locataires, le moulin d’Anne appartient à Charles-Amateur Avice de Mougon, un protestant né à Niort en 1673, puis à sa veuve dame Blanche-Colombe de Rasilly. Auparavant, François était chasseron* chez son beau-père Pierre Chenu, au moulin de Compéré en amont sur le Sèvre.
Ce 27 juin, la visite commence à 8 heures du matin, elle est menée par Louis-Joseph Brisset (?), greffier à Niort. Gabriel Soutiers, le charpentier du moulin qui vit à Niort est présent ainsi que Philippe Arbalestier l’ancien meunier. Tout au long des 6 pages de l’état des lieux, le greffier fait un inventaire très précis des bâtiments, il évoque l’état général des murs, des portes, des ferrures, des roues, il entre dans le détail et parle des tourillons, de la pelle, des poulies, des câbles…
Il ressort de l’état des lieux que l’habitation, les dépendances et l’écurie sont assez vétustes, tant les murs que le sol ou les ouvertures. Le moulin à blé semble mieux entretenu, la roue du moulin blanc est en assez bon état, même si celle du moulin brun est plus usée. Enfin, le greffier évoque le moulin à drap dont la roue est usée.
Visiblement, tous les soins allaient d’abord à l’outil de travail avant de penser au confort des hommes. Cette visite m’a confirmé que le moulin d’Anne était bien un moulin avec 2 roues qui pouvait moudre 600 kg de farine par jour, mais j’ai aussi découvert qu’une autre roue servait pour un moulin à drap, aussi appelé moulin à foulon**. Peut-être servait-il aussi à la chamoiserie, la grande activité industrielle de l’époque à Niort grâce au commerce des peaux avec le Canada.
Chasseron* : ou chasse-mulet, valet de meunier chargé des courses et du transport.
Moulin à foulon** : mécanisme servant à battre ou fouler la laine tissée (drap) dans de l’argile smectique pour l’assouplir et la dégraisser. Le moulin était exploité par un ouvrier foulon ou foulonnier. Il pouvait aussi servir pour les cuirs et peaux. (source : Wikipédia)
Intéressante cette Série 5B. Je me demande si je peux trouver de tels documents aux AD57.
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Le cadre de classement des AD étant le même partout, il doit aussi y avoir des choses intéressantes aux AD57 ! C’est grâce à l’aide du personnel en salle de lecture aux AD79 que j’ai pu trouver ces documents.
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