
« L'arbre tombe toujours du côté où il penche. »
Proverbe
Mon ancêtre Antoinette BARREAU est née vers 1697, je lui connais une sœur Gabrielle mais n’ai aucune certitude quant à ses parents. Elle n’a sans doute guère plus de 20 ans quand elle épouse à Ardin Jean MARTINEAU, un sabotier. Le couple demeure dans cette paroisse et quatre filles viennent agrandir le foyer. La vie semble s’écouler doucement pour eux.
En 1746, leur seconde fille Françoise décède, elle a une vingtaine d’année. L’année suivante, le 16 septembre 1747, la famille est à nouveau frappée par un drame.

« le dix huit du même mois et ans que dessus à été enterré par moy curé soussigné antoinette barreau femme de jean martineau agée de cinquante ans ou environ qui fut ecrasée le saize du même mois par un arbre et fut tirée de dessous part pierre barreau meunier de lavergnais par jean soullet domestique du logis de lavairgnais par jean vivien charbonnier de lavergnais ainsi quils me l’ont assurés…

Être écrasée par un arbre, les femmes sont rarement les victimes de ce type d’accident ! Pourtant, c’est bien ce qui est arrivé à Antoinette. Que faisait-elle là ? L’acte de décès ne mentionne pas plus de détails sur les circonstances de sa mort. Pourtant, plusieurs personnes ayant aidé à l’extraire de sous l’arbre (un érable peut-être), on peut imaginer qu’elles étaient toutes ensemble au moment de l’accident. Tous habitent « Lavergnais ». La carte de Cassini nous aide à localiser le lieu du drame. « Lavergnay » y est mentionné, il y existe bien un moulin et quelques bois autour peuvent justifier la présence d’un charbonnier. Que faisaient-ils là ? Des travaux en commun ? L’abattage d’arbres ? Peut-être. En tout cas, en ce 16 septembre, Antoinette s’éteint prématurément, elle laisse un veuf et trois filles pour la pleurer.
Difficile de trouver des statistiques probantes quant à ce type d’accident. Mais on le rencontre parfois dans nos registres, preuve qu’Antoinette n’est pas un cas isolé. Qu’il s’agisse d’un arbre, d’une échelle, d’un toit… les risques de chute existaient pour nos ancêtres hier comme aujourd’hui. Dans la majorité des cas, ce sont des hommes qui en sont les victimes.
Si l’on regarde une étude sur la mortalité au Québec aux XVIIe et XVIIIe siècle, laquelle recense 4587 décès circonstanciés, on constate que dans les causes déclarées, 2101 sont liées à des traumatismes ou empoisonnements et parmi celles-ci seulement 71 sont dues à un choc accidentel par chute d’un objet (chute d’arbre ou effondrement d’un bâtiment).
Sources :
Yves Landry et Rénald Lessard. Les causes de décès aux XVIIe et XVIIIe siècles d’après les registres paroissiaux québécois.
Une fin bien inattendue… Et en effet, pourquoi pas un érable 😅
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Le curé n’a pas daigné nous préciser le nom de l’arbre 😉
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C’est incroyable toutes ces causes de décès différentes que vous avez pu trouver dans la famille, et nous ne sommes pas au bout de nos surprises !
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Même si nous en avons trouvé beaucoup dans nos généalogies, nous avons dû chercher aussi hors de nos arbres.
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Accuser un érable, sans preuves, c’est un peu osé. Le présomption d’innocence s’applique à tous les arbres, (même généalogiques). 😉
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C’est vrai, on exagère un peu ! Pauvre érable 😉
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Pour une fois le sexisme à du bon si les arbres tuaient majoritairement des hommes 😉
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Bien vu 😉
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Quelle bonne idée que ces cartes ( de Cassini !!) pour localiser ces lieux-dits !
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