
Ancêtres procureurs dans l’arbre de Sylvie : Jean et François PERIGORD (1653-1706), René DAMOUR, François Le BERTHON.
Procureur du Roi : officier royal qui a le titre de conseiller du roi, & qui remplit les fonctions du ministère public dans une juridiction royale, soit bailliage ou sénéchaussée, prévôté, viguerie, ou autre. L’établissement des procureurs du roi est fort ancien. Il y en avait dès le treizième siècle. En entrant en charge ils devaient prêter serment de faire justice aux grands & aux petits, & à toutes personnes de quelque condition qu’elles fussent, & sans aucune acception ; qu’ils conserveront les droits du roi sans faire préjudice à personne ; enfin qu’ils ne recevront or ni argent, ni aucun autre don, tel qu’il fût, sinon des choses à manger ou à boire, & en petite quantité ; de manière que sans excès, tout pût être consumé en un jour.
Encyclopédie de Diderot
Le 21 août 1653, Renée HUOT (sosa 3957), l’épouse de Jean PERIGORD (sosa 3956) , procureur au présidial de Poitiers met au monde 2 enfants, François (sosa 1978) et Renée. C’est une famille aisée qui vit dans la paroisse de Saint-Porchaire, au cœur de la ville. Les jumeaux ont la chance d’atteindre l’âge adulte, et François devient procureur comme son père. Tous 2 se marient en 1675, Renée en janvier, avec un procureur, François en mars avec Marie LE BERTHON (sosa 1979), la fille d’un autre procureur de la ville. On reste entre soi !
Au cours des années où il occupe la charge de procureur, François représente le ministère public dans le tribunal de bailliage de la ville. Le présidial de Poitiers a été créé en mars 1551 par édit royal, il compte 39 conseillers en 1660. Sa charge donne à François PERIGORD et à ses pairs nombre de privilèges : franchises et exemptions (notamment de la taille) mais aussi le titre de maître, le droit de se qualifier de noble homme.

Enfin parmi les droits des procureur du présidial de Poitiers, figure celui de porter la robe rouge, laquelle rappelle que la cour poitevine tient sa légitimité du roi et la distingue des membres d’autres présidiaux. Je ne crois pas que le vêtement de mon ancêtre ressemblait à celui du procureur de Véronèse, mais sans doute avait-il ce même maintien, lui qui a souvent arpenté la majestueuse salle des pas perdus dans l’ancien palais des ducs d’Aquitaine et des comtes de Poitiers, siège du présidial depuis sa création.
Durant toute leur vie d’époux, François et Marie demeurent à Saint-Porchaire, au cœur de la cité, tout près du présidial. Ils fondent une grande famille, j’ai retrouvé pas moins de 14 enfants nés entre 1675 et 1700 ! Malheureusement, même ce milieu aisé n’est pas épargné par la mortalité infantile, puisque 6 des enfants meurent dans la petite enfance.
François doit mener une vie bien rythmée entre sa maison et le présidial : il appartient à la noblesse de robe et porte bientôt le titre de Sieur de la Rataudrie. Il n’a hélas pas le temps de voir grandir toute sa descendance puisqu’il meurt à 53 ans, en 1706.
Sources :
Antoine COUTELLE . La robe rouge comme enjeu : l’exemple du présidial de Poitiers au XVIIe siècle.

Il devait y avoir une belle concentration de robes de procureurs lors de la célébration des noces !
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Oui, le spectacle était sans doute autant dans le public que du côté des mariés.
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Je me suis longtemps demandé quelles étaient les fonctions d’un Procureur du roi. Au fil de mes recherches, j’essaye de comprendre ces magistrats d’autrefois bien éloignés de nous.
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