La Fédération française de généalogie propose pour cette nouvelle année d’évoquer sa sosa 2019. Cette bonne idée me convient tout à fait car je n’ai jamais pu jouer avec mes sosas 666 ou 1000, totalement inconnus pour moi. Elle nous permet, à Sylvie et moi, de vous souhaiter plein de bonnes choses dans vos vies personnelles et en généalogie pour 2019. Et elle me permet de faire le point sur une des nombreuses invisibles de mon arbre, Marie Tapin, et de raconter brièvement une vie sur laquelle je ne m’étais jamais vraiment penché.
Marie Tapin est la fille aînée de Pierre Tapin et Jeanne Guitton, un couple qui s’est uni le 17 février 1653 à Breuil-Barret en Vendée. Elle voit le jour vers 1654 ; au moins 3 autres filles et un garçon naîtront par la suite mais je n’ai trouvé que un seul acte de naissance, celui de sa sœur Jeanne en 1660 à Breuil-Barret. Je ne connais pas le métier des parents. Je les suppose, comme la plupart de mes ancêtres à l’époque, journaliers ou laboureurs.

Le 21 juin 1682, âgée d’environ 28 ans, Marie fait la promesse de se marier avec Jean Favreau, devant le notaire François Mosnay de Loge-Fougereuse. Elle est alors servante chez Jacques Grégoire, marchand à Saint-Hilaire-de-Voust et son fiancé demeure dans le même bourg. Il faut attendre presque 2 ans, le 18 juin 1684, pour que soit enfin passé un contrat de mariage chez le même notaire. Le document m’apprend que cette année-là, Jean, le futur époux, est domestique chez le prieur de Coulonges-les-Royaux (aujourd’hui Coulonges-sur-l’Autize) et que Marie a changé de maître : elle travaille comme servante chez monsieur de la Passonitière, au lieu noble de la Bouche-Caduc, paroisse du Breuil-Barret. La mariée apporte en dot 90 livres (l’équivalent de 2000 euros, me dit mon convertisseur de monnaie). Ils se marient religieusement quelques jours plus tard certainement, mais l’acte là encore est introuvable.
De cette union naissent au moins 3 filles : Marie en 1685 à Puy-de-Serre, Jeanne en 1688 à Loge-Fougereuse et, plus tard, mon ancêtre Renée, je ne sais où et quand. Je ne peux qu’imaginer la vie de cette famille, sans doute dédiée au travail de la terre. Ils ont sûrement vécu dans une ou plusieurs paroisses aux registres incomplets ou disparus car je ne trouve plus de traces concernant Marie et sa famille entre 1688 et 1712. Cette année là, Marie Tapin est veuve et elle habite Saint-Paul-en-Gâtine. Elle y marie sa plus jeune fille, Renée, avec un tisserand, Jean Cottreau. 4 ans plus tard, le 28 mai 1716, Marie décède à l’âge estimé de 62 ans. « Marie Tapin, veuve de défunt Jean Favreau » est enterrée à Saint-Paul-en Gâtine « en présence de Jean Cottreau son gendre et de Renée Favreau sa fille et de Jeanne Favreau aussi sa fille. »
De Marie Tapin, je connais donc surtout la courte période avant son mariage, le temps où elle était une servante dans de belles maisons, le temps où elle fréquentait le serviteur d’un prieur, patientant deux longues années, sagement ou pas, avant de se marier. Elle n’est donc pas tout à fait une invisible et il me reste toute l’année 2019 pour trouver, sait-on jamais, quelques nouvelles informations sur ma sosa 2019 (comme le baptême de sa fille aînée à Puy-de-Serre, découvert en écrivant cet article).
Votre commentaire