T comme Tête Tranchée

Denis CROISÉ est le fils de mon aïeule Françoise VIVIER et de son second mari, le demi-frère de mon ancêtre Jacques MÉTAIS. Né en 1754 à Terves, il épouse en 1781 Marie ROCHARD. Le couple s’installe au village de la Marchetière, paroisse de Chiché où Denis exerce le métier de tisserand tout en étant sacristain. Marie décède en 1788, apparemment sans descendance. Denis se remarie l’année suivante avec Marie Thérèse MAUPETIT qui lui donne 2 enfants, Marie-Marguerite en avril 1791 et Louis en février 1793. Denis n’aura pas l’occasion de les voir grandir.

1793, c’est l’année où la région s’enflamme, en refusant dans un premier temps la conscription, puis en s’opposant à la République. Chiché fait partie de ces communes rebelles et Denis CROISÉ prend une part active au soulèvement, rejoignant l’arme royaliste. Suite à cette révolte, de nombreux habitants sont arrêtés puis jugés. Parmi ceux-ci, Denis CROISÉ.

Dans le jugement qui le concerne, il est accusé d’avoir pris part aux révoltes et émeutes contre-révolutionnaires et même d’en avoir été chef et instigateur. On lui reproche d’avoir été membre du comité établi par les rebelles dans la commune et surtout d’avoir voulu soulever les habitants de son village de la Marchetière pour qu’ils rejoignent avec lui l’armée du Roi. Reconnu coupable, il est condamné à la peine de mort le 11 décembre 1793 et ses biens sont confisqués.

Depuis mars 1792, Niort à sa guillotine. Elle a remplacé la pendaison et elle va beaucoup servir. Pour Denis, la peine est exécutée le 14 décembre 1793 sur la place de la Brèche, 3 jours seulement après la sentence. On retrouve retranscrit son décès dans l’état civil sans autre précisions :

« Jean Suir mason agé de soixante ans et Jean Texier cordonier agé de trente six ans demeurant tous en cette commune mont déclaré que Denis Croisé, tixerant de la commune de Chiché agé de trente ans est décédé d’hier en cette commune« 

Denis ne sera pas le seul habitant de Chiché à monter sur l’échafaud. La commune a payé un lourd prix à la Justice révolutionnaire durant la guerre de Vendée : 20 Chichéens font partie des exécutés du 3 mars 1794 : 13 hommes (René GAUFRETON, Charles BOUREAU, Jean GATARD, Jean DUGUET, Jacques GUIGNARD, Augustin BERTON, Augustin BARANGER, Pierre FOUCHEREAU, Jean JOLLY, François MOINE, Gabriel BELLIARD, Antoine IMBERT et Jean GERMON et 7 femmes (Marie GUIMIERT, Marie LAINÉ, Marie BILLY, Marie Anne GUERIN, Françoise BRUNEAU, Louise DELIME et Véronique BODIER). À cette liste déjà longue pourraient s’ajouter celles et ceux morts dans la prison de Niort comme Madeleine CROISÉ, sœur de Denis CROISÉ.

Les condamnés à mort ont sans doute été tous exécutés par Augustin Joseph ASSELIN, exécuteur des arrêts criminels du département entre 1781 et 1813. Il a officié sous l’Ancien régime en pratiquant la pendaison. À partir de 1792, il a dû vite apprendre à utiliser la guillotine devenue le nouveau mode d’exécution : il y a eu (au moins) 106 condamnations à mort sur la place de la Brèche de Niort entre avril 1793 et mai 1794, la plupart liées à la guerre de Vendée. L’exécuteur appartient à une lignée de bourreaux niortais (Ancelin puis Asselin). Il est le petit-fils de Pierre ANCELIN (bourreau de 1731 à 1748), le neveu de Joseph ANCELIN (bourreau de 1748 à 1756) et le fils d’Augustin ASSELIN (bourreau de 1756 à 1781). La fonction héréditaire se perpétue avec son fils Augustin-André ASSELIN (bourreau de 1813 à 1822) et son petits-fils Louis-Augustin ASSELIN (bourreau de 1823 à 1849). (source WikiNiort)

17 commentaires sur “T comme Tête Tranchée

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    1. Oui, la justice révolutionnaire a eu un fonctionnement parfois proche de la justice d’exception, surtout aux périodes où la République se sentait menacée. Pour être objectif, il y avait quand même des tribunaux et des jugements ; tous les inculpés n’étaient pas condamnés à mort : il y a eu des relaxes, des peines de prison, d’éloignement… Malheureusement, la prison revenait parfois à la mort vu les terribles conditions de détention à Niort.

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  1. Mais la guillotine était une oeuvre bienfaitrice… bien plus moderne que de passer par le fil de l’épée, souvent aléatoire. Bon pied bon oeil, le bourreau qui devait repérer entre deux vertèbres !! Quant aux lignées de bourreaux, outre le fait qu’ils se sont mariés entre eux, (les relations professionnelles ne datent pas de ce jour !) j’ai retrouvé leurs filiations reliées à d’autres « parias » : les bohêmes, autrement dit ils se sont souvent unis à des femmes gitanes. Cordialement.

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  2. cet article retient tout particulièrement mon attention en tant que membre du Souvenir Vendéen, mes racines sont à Chiché , la Rénelière plus précisément , mes ascendants ont quitté la paroisse de Chiché pour Terves entre avril 1793 et mars 1794 où mon ascendant à 30 ans avait rendez vous avec la mort. Je retrouve dans mon arbre les conséquences des guerres de Vendée , déjà contrairement à son père et grand-père, mon ascendant ne saura pas signer et je retrouve à l’occasion de mariages des informations du genre « décédé en mil sept cent quatre vingt treize par les fléaux de la guerre civile de la Vendée » ; Décédé le 10 novembre 1794 Maison d’arrêt du Palais, Fontenay le Comte Vendée pendant la guerre de Vendée, « décédé pendant la Guerre de VENDEE à Terves pourquoi il ne fut point rédigé d’acte de décès »

    Aimé par 2 personnes

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