
« Mes morts, mes pauvres morts, c'est maintenant que vous allez souffrir, sans croix pour vous garder, sans cœurs où vous blottir. je crois vous voir rôder, avec des gestes qui tâtonnent, et chercher dans la nuit éternelle tous ces vivants ingrats qui déjà vous oublient. »
Roland Dorgelès. Les Croix de bois
Aimé BOUET est mon grand-oncle, le frère de ma grand-mère maternelle. Il voit le jour en février 1892 à Faye-sur-Ardin. Il est le premier né d’Étienne BOUET et de Marie-Mélina BOUTIN.
Le couple a ensuite deux garçons qui meurent dans leur petite enfance. Ma grand-mère Céline naît en janvier 1897. Mais, en décembre de la même année, Etienne BOUET décède, il n’avait que 38 ans. Marie-Mélina est alors enceinte, elle accouche en juin de l’année suivante d’une petite fille, laquelle s’éteint en décembre de la même année.
La famille est durement éprouvée, pourtant ce n’est pas terminé. 16 ans plus tard, la Première Guerre mondiale éclate. Aimé a 24 ans, il rejoint le 155e RI. Mais, quelques mois plus tard, le 29 janvier 1915, suite à une offensive allemande, il est tué au Bois de la Gruerie à Vienne-le-Château (Marne). En 2 jours de combat, les Allemands perdent 400 hommes et les Français comptent 3 000 soldats hors de combat.

Pourtant, si Aimé est bien mort ce jour-là, son corps a été retrouvé par les Allemands qui vont se charger de son inhumation.
Il faudra attendre novembre 1920 et un jugement du tribunal de Niort pour que son décès soit reporté sur le registre de la commune de Faye-sur-Ardin.

Sa famille a dû garder espoir quelques temps, il pouvait avoir été fait prisonnier. Hélas ! ce n’était pas le cas et il a fallu accepter ce nouveau deuil.
D’Aimé BOUET, il ne me reste qu’une carte postale envoyée à sa sœur (ma grand-mère) quelques mois avant sa mort et sur laquelle il pose fièrement en tenue militaire. Le texte au dos est en partie effacé, la carte a sans doute été souvent regardée et lue…
Aimé BOUET est une victime parmi beaucoup d’autres. La guerre 14-18 a fait plus de 9 millions de morts et disparus et 21 millions de blessés. Pour la France c’est près de 1,4 millions de morts et 4 millions de blessés. Le pays a perdu 27 % de hommes de 18-27 ans. À ces chiffres il faut ajouter les victimes de la grippe espagnole. Par contre, le nombre des déserteurs reste encore un sujet tabou, il est plus difficile de trouver des chiffres sur les arrestations, les exécutions sommaires ou les suicides de ces jeunes gens qui refusaient d’aller au combat.
Quant aux disparus, on estime leur nombre à 700 000. Après la guerre il fallait prouver la mort du soldat disparu, souvent par décision judiciaire. Plus de 670 000 corps, de toutes nationalités seraient encore disparus ou enterrés anonymement sur le front occidental.
Sources : Wikipedia : Pertes humaines de la Première Guerre mondiale


Une victime parmi beaucoup d’autres, ça résume bien… Quel gâchis 😢
J’aimeAimé par 3 personnes
Les guerres font bien trop de victimes, celle de 14-18 fut une hécatombe !
J’aimeAimé par 1 personne
Bien triste histoire que celle de nos ancêtres, grands-pères et oncles, disparus ou amputés dans cette infernale boucherie…
J’aimeAimé par 2 personnes
On trouve hélas des morts à cause de cette guerre dans toutes nos familles .
J’aimeJ’aime
Un cas bien trop souvent rencontré dans nos familles 😥
J’aimeJ’aime