
Ancêtre sage-femme dans l’arbre de Sylvie : Catherine MOREAU (1723- >1793).
Ancêtre sage-femme dans l’arbre de Raymond : Perrine BOURGEOIS.
Femme, (Sage) – accoucheuse : On appelle de ces différents noms toute femme qui exerce la profession des Accoucheurs ; la partie de la science & de l’art de Chirurgie, qui concerne les secours nécessaires aux femmes en travail d’enfant : on se servait aussi autrefois du nom de matrone, pour désigner une sage-femme.
Encyclopédie de Diderot

Il n’est pas toujours facile de connaître les sages-femmes de nos généalogies, les rares métiers féminins sont difficiles à percevoir. En ce qui concerne celui de sage-femme, c’est parfois au travers d’un acte de baptême que nous le découvrons : quand la naissance se passe mal et que l’enfant est en « péril de mort », la matrone procède à l’ondoiement et le curé note alors son nom. C’est sur un acte de baptême que j’ai retrouvé le nom de mon aïeule Catherine MOREAU (sosa 185).
Catherine naît en 1723, elle est la seconde fille de François MOREAU, laboureur à charrue, et de Françoise RIVET. Le couple vit un temps à Saint-Pompain avant d’aller s’installer à Nieul-sur-l’Autise. Ils ont au moins 11 enfants, dont 4 meurent dans la petite enfance. À 24 ans, Catherine épouse Jean BABIN (sosa184), un tisserand. L’année suivante, une petite fille voit le jour, puis, 2 ans plus tard, mon ancêtre Jacques BABIN. Jacques n’a que quelques mois quand son père meurt. C’est peut-être à cette époque que, Catherine MOREAU devient sage-femme. Elle a besoin de revenus pour vivre et elle a déjà été mère, 2 conditions nécessaires pour entrer dans la profession. Mais elle est aussi bonne chrétienne, c’est indispensable pour que l’Église accepte qu’elle accompagne les femmes qui accouchent. Plus que des compétences en obstétrique, la matrone doit pouvoir sauver l’âme du bébé et l’ondoyer afin qu’il n’erre pas dans les limbes.
Catherine MOREAU se remarie quelques années plus tard, en 1756, avec Jean CADET, un laboureur de Payré-sur-Vendée. Avec lui, elle a 3 autres enfants.
Les années passent, les enfants grandissent. En 1790, sa seule fille, Françoise, épouse un tisserand. Elle met au monde 2 enfants. C’est lors de son 2e accouchement, en 1793, que je découvre que Catherine MOREAU était sage-femme, puisque le curé a noté « grand-mère et sage-femme » sur l’acte de naissance du bébé.
Ensuite, je perds la trace de Catherine et de son second époux, je n’ai retrouvé aucun des 2 actes de décès, pourtant cette région du sud Vendée était plutôt éloignée des zones des guerres de Vendée.
En tant que sage-femme, son quotidien devait être bien éloigné de celui représenté par Leopoldo Garcia Ramon. Le peintre nous offre une scène apaisée, l’enfant est né, la chambre a retrouvé calme et ordre, le bébé est baigné sous le regard attendri de la mère, laquelle est maintenant reposée. Outre le fait que nous sommes à la fin du XIXe siècle, la chambre laisse deviner un intérieur aisé à défaut d’être cossu. Pour sa part, Catherine a connu les fermes des villages avec des mères accouchant dans la pièce commune, parfois entourée d’autres membres de la famille. De plus, elle n’a sans doute aucune formation médicale, mais elle doit faire preuve de bon sens et elle a de l’expérience. Enfin, les femmes lui font confiance, elles qui remettent leur vie entre ses mains.
J’ai évoqué le serment des sages-femmes ici.

C’est vrai que ce métier n’est pas mis à sa juste valeur dans les registres…
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On emploie aussi aujourd’hui le terme de « maïeuticienne » qui, malgré son aspect rébarbatif, a l’avantage de pouvoir être conjugué au masculin pour tenir compte de l’irruption des hommes dans la profession … Qu’en dirait M. le Curé ?
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