Un héritage instructif

Outre les contrats de mariage, il ne faut pas négliger les autres actes notariaux qui sont des mines de renseignements pour les généalogistes.

J’ai déjà évoqué dans un article sur ma famille NICOLAS de Parthenay un conflit familial. Cette minute m’avait permis, entre les informations notées et les signatures, d’étoffer la parentèle des NICOLAS en retrouvant des liens familiaux parfois impossibles à prouver en raison de l’absence d’actes de naissance-mariage-sépulture.

Aujourd’hui, c’est un autre type de document sur lequel je souhaite m’arrêter : un partage suite au décès d’un couple dont le seul fils est mort. C’est un peu par hasard que je m’y suis plongée puisque les protagonistes ne sont pas mes ancêtres.

La minute est passé le 3 février 1749 chez maître Jean BENOIST, notaire royal de la sénéchaussée de Fontenay installé à Coulonges-les-Royaux (AD79, 3E13296).

Il s’agit du partage entre les héritiers de Pierre BERTHON et Françoise REAU. Pierre exercait le métier de maréchal, il est décédé en 1728. Son épouse, Françoise REAU, lui a survécu une vingtaine d’année et s’est éteinte en avril 1747. Le couple n’a eu qu’un enfant ayant atteint l’âge adulte, lequel s’est marié en novembre 1746 mais est décédé en février 1747. Sa veuve est retournée alors chez ses parents à Mervent où elle s’est remariée en 1748.

Edward Robert Smythe, Wikimedia Commons

Les légataires des 2 branches vont donc se partager les biens de Françoise et Pierre. Je connais mieux les BERTHON qui vivent dans la petite paroisse de Saint-Laurs que les REAU habitant à Coulonges-les-Royaux (Coulonges-sur-l’Autize), le bourg voisin.

Notre tabellion cite tout d’abord les héritiers de la famille BERTHON, puis les REAU. En m’aidant des signatures déjà connues de certains des héritiers et/ou des liens familiaux quand ils sont mentionnés, j’ai pu compléter les arbres de ces 2 familles.

Pierre BERTHON était le fils de François, aussi maréchal à Saint-Laurs, et de Perrine MORISSET (c’est grâce à elle que je me suis intéressée à cette famille, elle est rattachée à ma branche agnatique). Le couple a eu 9 enfants connus, les héritiers sont donc liés à cette fratrie.

Voici ceux nommés sur l’acte notarial et les conclusions que j’ai pu en tirer :

« François BERTHON marchand demeurant à la Bruyère de Saint-Laurs. »

Je le connais sans l’avoir rattaché à mon arbre il est marchand et sa signature est fort reconnaissable. Il est sans doute un neveu, à moins qu’il ne soit le frère de Louis. Il y a bien un François, vivant en 1704, dans la fratrie, il serait alors assez âgé, mais c’est possible d’autant qu’il est le premier cité par le notaire.

« Pierre BONNEAU marchand chaulier, Jacqes ESCUIER beau-frère du dit BONNEAU à cause de Marie BOUNNEAU sa femme et Jacques BONNEAU faisant les trois une part en la succession. »

Les 3 sont des neveux de Pierre, fils et gendre de sa sœur Perrine BERTHON et de son mari Pierre BONNEAU. Leurs parents étant décédés, tous les 3 héritent d’une part.

« Gabriel BOISSELIER prêtre curé de St Jouin de Milly sachant tant pour lui que pour… » (lui et sans doute ses sœurs). »

Gabriel est aussi un neveu de Pierre, fils de sa sœur Marie BERTHON et de son époux Nicolas BOISSELIER. Ses parents étant aussi décédés, il comparait ici pour lui et ses 3 sœurs vivantes.

« Jean GOICHON à cause de Perrine AUDURIER sa femme tant pour lui que pour Pierre AUDURIER son neveu et curateur diceluy  que sont les 2 enfants en la dite succession, demeurant au bourg de Xaintray. »

Encore des neveux, Perrine AUDURIER est la fille de Françoise BERTHON, sœur de Pierre, et de son époux Jacques AUDURIER. Elle est représentée ici par son époux Jean GOICHON, lequel est aussi le curateur de Pierre AUDURIER fils du frère défunt de Perrine.

Trois familles se partagent donc l’héritage côté BERTHON. Pour les REAU, je connaissais moins bien la parentèle même si elle est présente dans mon arbre. Les héritiers sont ici aussi nombreux. Françoise est la fille de Jean REAU, un notaire de Coulonges-les-Royaux et de son épouse Marie BOUHIER, le couple a eu au moins 14 enfants, ils ont donc eu une belle descendance !

« René REAU, Jacques REAU, Louis REAU, André ESCUIER et Marie REAU sa femme, Marguerite REAU veuve MALLET, Jean CAQUINEAU et Elisabeth REAU son épouse. »

Tous sont des frères, sœurs et beaux-frères de Françoise REAU, ils ne se sont pas éloignés de leur paroisse de naissance puisqu’ils demeurant tous dans le bourg de Coulonges où ils sont pour la plupart des marchands.

Ensuite sont cités :

« Charles MICHELAIN père vitricq de Marie et REAU, filles mineures de feu Étienne REAU et de Marie RALLON (?) leur père et mère demeurant à Saint-Maixent. »

Ces enfants m’ont donné plus de mal. Sans cet acte, j’aurai eu des difficultés à rattacher Étienne à ma famille – je le croyais d’ailleurs mort jeune -, d’autant que le prénom d’une des filles est manquant et que le nom de la mère est mal orthographié. Il m’a fallu quelques recherches pour retrouver Étienne REAU, appelé RAUD sur les registres de la ville de Saint-Maixent où il s’est installé comme marchand tanneur. Il a tout d’abord épousé Maixende FURET, laquelle lui a donné un fils, Jean, avant de mourir peu après. Étienne se remarie alors avec Marie BRUSLON. Ils deviennent aubergistes à la Croix Blanche dans cette même ville. Marie met au monde 3 enfants. Étienne meurt assez jeune, à 45 ans, et Marie, toujours aubergiste, s’unit en secondes noces avec Charles MICHELIN. C’est lui que l’on retrouve sur notre minute notariale, il représente les 2 filles encore vivantes d’Étienne REAU : Marie-Maixende et Marguerite.

« Me Pierre Dominique BERTOT demeurant en la ville de Saint-Maixent comme fondé de procuration de Jean REAU garçon mineur. »

La procuration est jointe à la fin de l’acte. Jean, héritier de Françoise REAU est en apprentissage chez un maître chirurgien. Il est sans doute le fils d’Étienne et de sa première épouse Maixende FURET. Si c’est bien lui, il a alors 15 ans. N’ayant pas retrouvé trace de Jean REAU chirurgien dans d’autres actes, je ne sais pas ce qu’il est devenu.

J’ai ainsi pu largement compléter les 2 arbres familiaux. Mais cet acte offre aussi bien d’autres renseignements me permettant de mieux les connaître. Le notaire à réparti les biens de Pierre BERTHON et Françoise REAU en 2 lots qui vont être tirés au sort entre les 2 branches en présence des légataires.
Maître BENOIT énumère alors de façon très détaillée les divers avoirs du couple, maison et terres, toutes situées sur la paroisse de Saint-Laurs. J’apprends ainsi l’importance de la maison avec grange, toit et jardin ainsi qu’un four à pain rattaché au 1er lot mais dont l’usage sera ouvert aux héritiers du second lot, charge à ces derniers de participer à son entretien.

Ensuite, les divers champs, pâtis (où l’on met les bestiaux), ouches (petit champ près d’une maison) et prés sont énumérés en précisant à chaque fois leur nom leur situation dans la paroisse de Saint-Laurs et les noms des propriétaires voisins, il est bien spécifié que chacun est parfaitement enclos de fossés, haies ou buissons.

L’importance de ces biens me montre que Pierre et Françoise BERTHON formaient un couple aisé. La profession de Pierre, maréchal, la dot de sa femme (fille de notaire) et sans doute quelques héritages leur ont permis de vivre à l’aise. Ils ont passé un bail avec un fermier, Jean VINCENT, qui cultive les terres et qui dispose d’un cheptel évoqué brièvement dans la minute.

Maintenant, pour avoir une connaissance exacte de ces biens, il faudrait aller interroger le cadastre napoléonien ainsi que les matrices afin de retrouver les diverses pièces de terre et évaluer leur superficie. Un travail que j’aurais peut-être le courage de faire bientôt…

2 commentaires sur “Un héritage instructif

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  1. bonsoir,
    voir dans le cadastre le document « état des sections » ? et peut-être voir dans la série des hypothèques également ? ainsi que la table des vendeurs et précédents possesseurs celle des acquéreurs et nouveaux possesseurs si les périodes dates correspondent à la période de vos recherches ;
    c’est le travail que je viens d’effectuer sur plusieurs mois ;
    bon courage
    cordialement

    J’aime

    1. Bonjour, c’est un long travail de se plonger dans le cadastre. Bravo de l’avoir mené à bien ! Pour ma part, je pense que je vais garder ça pour l’hiver prochain 😉

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